Des qu'on cesse d'etre un simple touriste, protege derriere son appareil photo, et tenu a un agenda de visites soigneusement chronometre qui ne laisse pas de place a l'imprevu, il faut avoir la tete bien fixee sur les epaules pour s'en sortir. Les jeunes visiteurs indecis qui viennent au Nepal pour se "trouver", ne font en general que se perdre un peu plus, tant l'abscence de reperes dans cette societe ou tout est possible peut etre destabilisante pour des occidentaux non prepares. C'est un peu comme se retrouver plonge au mileu du triangle des Bermudes, ou les appareils de bord ne fonctionnent plus, et ou le pilote ne peut plus se fier qu'a sa seule l'experience, sa capacite a naviguer a vue, au mieux au feeling, cad en puisant au plus profond de lui.
La rapport a l'argent des nepalais est aussi un sujet qui meriterait a mon avis une etude sociologique complete. Il m'est difficile de resumer en quelques mots ce qui reste pour moi, meme apres tant d'annees, un sujet d'emerveillement et de confusion permanent. Je dirai seulement que les nepalais sont persuades que l'argent peut tout acheter (notamment le statut social), et que, partant de la, il est la valeur supreme. Cela peut sembler un paradoxe difficile a apprehender sachant que le Nepal est un des pays ou des religions telles que le bouddhisme ou l'hindhouisme, qui toutes deux pronent le detachement comme la seule voie vers l'accomplissement, sont pratiquees le plus ostensiblement et avec le plus de ferveur.
Je repondrai que la ferveur religieuse n'a pas grand chose a voir avec l'attitude philosophique, et que la grande majorite des nepalais ignorent les concepts abstraits fondant ces religions. Le culte ici est quotidien, et comme les grands festivals qui font l'admiration des touristes, constitue d'un ensemble d'actes traditionnels qui ponctuent la vie de tous les jours, et dont la signification originelle est le plus souvent ignoree (et denuee d'importance pour la masse). Et je me prends souvent a penser, en passant devant les temples bondes ou tous les nepalais, petits ou grands, jeunes et vieux, riches et pauvres, se melent avec la meme devotion, que le Dieu qu'ils venerent le plus ne s'appele si Shiva ni Ganesh, ni meme Bouddha.
Wednesday, July 25, 2007
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