Je me suis longtemps retenu d'ecrire, sur ma vie ici, au Nepal. Non que je n'ai aucun gout pour l'ecriture, j'ai toujours ete porte vers elle, depuis tout jeune, particulierement sensible au rythme de la phrase, aux charmes de la melodie et des sonorites, aux mots justes, et plus encore qu'aux mots eux memes, a leur carrence, leur absence, et a ce qu'elle evoque. Tant il est vrai que le plus important est toujours ce qui n'est pas ecrit.
Ce n'est pas non plus faute d'avoir ete maintes fois sollicite, par tous ceux qui, amis ou proches, ont cherche a comprendre ce que pouvait etre la vie quotidienne de quelqu'un avec un parcours hors norme.
Non, si je n'ai pas voulu jusqu'a maintenant livrer mes pensees a l'ecriture, c'est d'abord par pudeur. Parce que je vis, oui plutot j'ai vecu ou cours de ces dernieres annees, tellement de choses si fortes et si personnelles qu'il me serait impossible d'en parler sincerement sans etre contraint de devoiler mes pensees les plus secretes, mes sentiments les plus profonds qui, finalement, n'appartiennent qu'a moi.
C'est aussi parce que pour ecrire, il faut pouvoir se poser, pouvoir s'extraire de l'agitation du quotidien pour se regarder, contempler son existence et celle des autres. Etant constamment, ou presque, dans l'agir, l'urgence du choix, je n'ai que peu de temps pour la contemplation.
Ce temps de reflexion, sur moi meme, me manque pourtant a mesure que le temps passe. Je m'en rends compte. Il ne peut s'agir que de gerer l'urgence. L'action ne peut etre guidee que par l'action elle meme. Il lui manque un but, une finalite superieure. Sa raison d'etre.
Tuesday, June 12, 2007
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